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:Au moment du passage de cette reine des gibiers, la mme crmonie recommenait  chaque dner. 
:Et chaque fois les dneurs, levant leurs verres, buvaient  sa sant. 
:J'avouai que je ne savais pas l'histoire de Morin. Alors Labarbe se frotta les mains et commena son rcit. 
:On tait en gare de Mauz. Le gendarme prsent arrta Morin. 
:Rivet rsistait  ; mais le dsir de tirer d'affaire ce cochon de Morin le dcida  ; et nous acceptmes l'invitation. 
:Avec des prcautions infinies, je commenai  lui parler de son aventure pour tcher de m'en faire une allie. 
:Elle s'arrta pour me considrer du haut en bas, puis elle dit, tranquillement  : "Oh, vous, ce n'est pas la mme chose." 
:Elle demanda  son tour  : "Pourquoi a  ?" Je la regardai au fond des yeux srieusement. 
:Elle guettait la vrit dans mon regard, prte  sourire de nouveau  ; et elle murmura  : "Blagueur." 
:Je levai la main, et, d'un ton sincre (je crois mme que j'tais sincre)  : "Je vous jure que je ne mens pas." 
:Je lui parlais tout bas dans les petits cheveux friss de l'oreille. Elle semblait morte tant elle restait rveuse. 
:Je rpondis avec fatuit  : "On fait ce qu'on peut mon cher. Et l'oncle  ? Qu'en as-tu obtenu  ? Moi, je rponds de la nice." 
:Mais il ne se remit jamais de ce coup-l, son motion avait t trop brutale. 
:Il rageait, prenant ce silence pour une marque de mpris suprme. Et il ajouta  : 
:Puis on vit s'loigner le cortge dans la direction de la fort d'Imauville. 
:Un fermier d' ct leur offrit ce conseil  : "Vous devriez avoir un chien." 
:Mme Lefvre approuva, toute joyeuse  ; et les voil reparties, avec un gros morceau de pain beurr. 
:Alors l'homme au teint bronz pronona d'une voix lente  : 
:"Ce jour-l, je compris ce que c'tait que d'avoir peur  ; je l'ai su mieux encore une autre fois..." 
:"Nous devions souper et coucher chez un garde forestier dont la maison n'tait plus loigne de nous. J'allais l pour chasser. 
:"Nous restmes l jusqu' l'aurore, incapables de bouger, de dire un mot, crisps dans un affolement indicible. 
:Toute la table fut secoue par la joie. Le sol en trembla, les verres vibrrent. 
:Il se redressa inquiet, le coeur crisp, et, courant  la fentre, il dcrocha l'auvent. 
:Au moment o il la posait sur le lit, qui plia sous le poids, une nouvelle dtonation, plus proche celle-l, retentit. 
:L'homme reprit  : "Il a d' quoi, pour sr. Mais qu'il faudrait tre dgourdi et qu'Adlade l'est pas un brin." 
:La fille se mit  rire sottement sans rpondre. Puis tous trois commencrent  manger. 
:On disait de lui  : "C'est un pre Bon-Temps, qui n'est pas bien lev tous les jours." 
:Il reut les deux femmes, le ventre  table, achevant son caf. Et, se renversant, il demanda  : 
:"C'est not' fille Adlade que j' viens vous proposer pour servante, vu c' qu'a dit u matin monsieur le cur." 
:Matre Omont considra la fille, puis, brusquement  : "Quel ge qu'elle a, c'te grande bique-l  ? 
:- Chacun sa place, ma fille, t'as ta cuisine  ; j'ai ma salle. A part a, tout sera pour t comme pour m. C'est convenu  ? 
:pouvante, elle apporta son couvert en balbutiant  : "Me v'l, not' matre." 
:En apportant le caf, elle ne dposa qu'une tasse devant lui  : alors, repris de colre, il grogna  : 
:Il en fut de mme au dner. Puis elle dut faire sa partie de dominos  ; puis il l'envoya se mettre au lit. 
:Et elle gagna sa chambre, une mansarde sous le toit. Elle fit sa prire, se dvtit et se glissa dans ses draps. 
:"Dis-m, si vous n'avez point, quque soir, ml vos sabots  ? 
:Le pre Malandain la guettait, l'oeil veill, la mine satisfaite. Il demanda  : 
:Elle pronona,  travers ses pleurs  : "J' savais ti, m, que a se faisait comme a, d's' fants  !" 
:Sa mre rentrait. L'homme articula, sans colre  : "La v'l grosse,  c't' heure." 
:"Son pre tait rempailleur et sa mre rempailleuse. Elle n'a jamais eu de logis plant en terre. 
:"Il ne voulut rien recevoir en rmunration de ses soins, bien qu'elle insistt vivement pour le payer. 
:"Voil le seul amour profond que j'aie rencontr, dans ma vie." 
:"Faudrait de l'iau sale l-dessus", dclarait un autre. 
:Puis, quand la brlure se fut calme  : "Donne-moi ton couteau", dit-il  son frre. Le frre tendit son couteau. 
:Il semblait soulag et respirait avec force. Il recommena  verser de l'eau sur le tronon de membre qui lui restait. 
:Son frre dit  : "Faut jeter a  la mer  c't' heure." 
:Son frre, qui tenait la barre, le suivait de l'oeil en hochant la tte. 
:Et il a invent, coutez bien et cramponnez-vous, il a invent le saoulomtre. 
:Ou bien  : "Cr coquin, je m' croyais dans les cinquante, v'l que j' m'aperois qu' j'tais dans les soixante-quinze  !" 
:Quand Mathieu reconnat avoir pass quatre-vingt-dix, soyez tranquille, il tait crnement gris. 
:Nous avions gagn le sommet de la cte. La route s'enfonait dans l'admirable fort de Roumare. 
:"A n'est pas contente aprs moi, voyez-vous, parce qu'hier je m' suis trouv dans les quatre-vingt-dix." 
:Alors Mathieu se fcha  : "Dis pas a, Mlie, dis pas a  ; j'ai jamais t au mtre." 
:Elles suivirent. Nous en fmes autant, malades de rires touffs. 
:"Nous fmes donc prvenus qu'un testament existait chez ce notaire, et invits  assister  la lecture. 
:"Mes fils ans ne m'ont point aime, ne m'ont point gte, m'ont  peine traite comme une mre. 
:(Cette volont est formule en outre, d'une faon plus prcise, dans un acte notari.) 
:"Tels sont ma dernire pense et mon dernier dsir. 
:"J'ai pris le nom de mon pre vritable, renonant  celui que la loi me donnait et qui n'tait pas le mien. 
:L'homme ne disait rien, grave et rflchi  ; mais il approuvait sa femme d'un mouvement continu de la tte. 
:M. d'Hubires recommena ses propositions, mais avec plus d'insinuations, de prcautions oratoires, d'astuce. 
:Ils gardrent longtemps le silence, torturs, hsitants. La femme enfin demanda  : 
:Les Tuvache, sur leur porte, le regardaient partir, muets, svres, regrettant peut-tre leur refus. 
:"J' sais ben que c'tait engageant, c'est gal, elle s'a conduite comme une bonne mre." 
:Les Vallin vivotaient  leur aise, grce  la pension. La fureur inapaisable des Tuvache, rests misrables, venait de l. 
:Ils se dressrent, effars. La paysanne laissa tomber d'moi son savon dans son eau et balbutia  : 
:"C'est-il pas malheureux d'tre sacrifi comme a  !" 
:Alors le pre Tuvache articula d'un ton colreux  : 
:Il gmissait  : "Ne m'avez-vous point donn l'ordre d'abattre moi-mme l'animal  ?" 
:Mais lui, sans rpondre, tremblant, dfaillant, l'entrana. 
:Il dormit du lourd sommeil, de l'invincible sommeil des chasseurs extnus. Il dormit jusqu' l'aurore. 
:"Et je sens, parfois, d'intolrables envies de l'embrasser. Je n'ai mme jamais touch sa main sordide." 
:Et le snateur ajouta  : "C'est bon vraiment d'avoir vingt-cinq ans, et mme de faire des enfants comme a." 
:Ils sortirent en titubant et se mirent en route,  ct du tombereau de fumier que tranaient lentement les deux chevaux. 
:Il restait l, perdant la tte, tandis que son tombereau s'en allait toujours, au pas tranquille des chevaux. 
:Mais le vieux, ds qu'il l'eut reconnu, cuma ainsi qu'une bte enrage. 
:Puis il s'arrta, essouffl de la violence de sa besogne, aspirant l'air  grandes gorges, apais par le meurtre accompli. 
:Il billait, la bouche humide  la pense du saucisson, du bon saucisson des soldats  ; et son estomac lui faisait mal. 
:Et brusquement, sans rflchir, il apparut, casqu, dans le cadre de la fentre. 
:Puis tout mouvement, toute agitation cessrent, et le grand chteau devint silencieux comme un tombeau. 
:Le chteau tranquille dressait sa haute silhouette noire. Deux fentres seules brillaient encore au rez-de-chausse. 
:Il souriait, lui, il souriait maintenant, sr d'tre enfin prisonnier  ! 
:"Mon colonel, les ennemis se sont enfuis  ; plusieurs semblent avoir t blesss. Nous restons matres de la place." 
:Des reconnaissances furent envoyes pour clairer la route. On avanait avec prudence, faisant halte de temps en temps. 
:Deux cents hommes en armes montrent la garde autour du btiment. 
:C'est ainsi que le chteau de Champignet fut repris  l'ennemi aprs six heures seulement d'occupation. 
:Le colonel Ratier, marchand de drap, qui enleva cette affaire  la tte des gardes nationaux de La Roche-Oysel, fut dcor. 
